Qu'est-ce qu'un critique ? Un lecteur qui fait des embarras (Jules Renard, Journal, 23 avril 1899)
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Qu'est-ce ?

« Le site boojum n'en est qu'à ses débuts mais affiche un projet culturel et littéraire ambitieux, affranchi des contraintes de l'actualité, ouvert sur le plaisir de lire et de faire lire, animé d'une forme d'éthique collective assumée par une équipe étendue.

Notre point de vue : Le ton se veut libre et dégagé, voire polémique, comme l'annonce la rubrique "Billets d'humeur". En attendant que les rubriques s'étoffent, on appréciera les quelques articles déjà en ligne et la belle tenue graphique de ce site. A suivre... » (fabula)


« Une revue littéraire en ligne qui ne manque pas de curiosité » (un site par jour, 18/01/2006)

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Ouvert en juin 2005, Boojum, l'animal littéraire, est un magazine d'actualité du livre et de l'édition à diffusion électronique en une livraison hebdomadaire (mardi) qui s'efforcera de défendre et de présenter un panorama complet (autant que peut) des parutions littéraires. Tout ce qui est publié n'étant pas littéraire, et tout ce qui est estampillé littéraire ne l'étant pas à nos yeux, nous donnerons donc une idée partiale mais sincère de ce qui nous rassemble par ailleurs autour des livres : l'exigence, la tenue, l'amour propre et le dépassement des mornes valeurs purement ludiques qui marquent notre temps.

Nous étendons à la pure littérature (roman, nouvelles, plus tard théâtre et poésie) ce qui forme les humanités si chères à nos coeurs (histoire, essais, philosophie), auxquelles s'ajoutent pour le pur loisir les polars et la littérature jeunesse (qui sait, plus tard, la bande-dessinée). Enfin, un texte ne s'arrêtant jamais de vivre, il vient à certains d'en faire l'adaptation, ce que nous regarderons aussi avec grand soin. 

Sorti de l'actualité (les nouveautés, ici), le livre rejoint ses congénères dans l'éternité de l'Histoire littéraire, avec les tamis successifs qui en font s'égarer en chemin un grand nombre, charge ensuite aux érudits ou découvreurs de les reporter à la connaissance du plus grand nombre. D'aucuns estimeront que la perte est sèche, et qu'il convient de radier les oubliés. D'autres, dont nous sommes, pensent quant à eux qu'un livre, s'il est de qualité, dépasse le cadre contextuel de sa publication (sa situation, dirait un sartrien...) et doit prouver ses qualités en dehors des impératifs du temps. Cette pensée du littéraire nous fait rejeter comme fallacieux les produits de l'immédiat, dont nous pourrons traiter, par acquis de conscience, pour vérifier que. Mais cette pensée du littéraire nous fait accroire, surtout, qu'il ne faut pas ordonner ses lectures à raison des parutions, et qu'un texte même s'il n'est plus en table chez le Libraire. Notre organisation est donc simple : sorti de la nouveauté, le livre est ordonné par ses pairs et rejoint le double classement alphabétique et thématique. 

Prendre la littérature à bras le corps et la déposer toute nue, sans dentelle ni faire-part, sur la table de pesée du jugement critique le plus fin et le moins compromis qui soit, et répéter l’exercice sur chaque ouvrage, quel que soit l’éditeur ou l’auteur, voilà le fondement de Boojum, l'animal littéraire. Rien d’autre que de la matière littéraire disséquée sans l’ombre d’un remord. Parfois descendus en flammes, parfois portés au nues, mais jamais dans l'indifférence abandonnés, le livre est notre lieu, notre seule réalité.

Enfin, Boojum, l'animal littéraire, s'il est le rêve d'un seul, n'existe que par la force des amis réunis sous son improbable bannière au service d'une même passion.

Quant au Boojum — qui est aussi un arbre, mais nous n'en parlerons pas ici —, il entre dans la tradition des animaux littéraires, au même titre que le catoblétas de Pline, par exemple.

Au terme de la quête poétique et frénétique que Lewis Carroll (1832-1898) déploie dans La Chasse au Snark, ledit Snark, improbable créature, déjà, s'avère être un Boojum, en fait :

"It's a Snark!" was the sound that first came to their ears,
And seemed almost too good to be true.
Then followed a torrent of laughter and cheers:
Then the ominous words "It's a Boo-"

Then, silence. Some fancied they heard in the air
A weary and wandering sigh
Then sounded like "-jum!" but the others declare
It was only a breeze that went by.

They hunted till darkness came on, but they found
Not a button, or feather, or mark,
By which they could tell that they stood on the ground
Where the Baker had met with the Snark.

In the midst of the word he was trying to say,
In the midst of his laughter and glee,
He had softly and suddenly vanished away -
For the Snark was a Boojum, you see.  

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