Un adolescent plutôt tranquille est propulsé au centre d'une bataille fratricide entre Zeus, Hadès et Poséidon : on le soupçonne d'avoir volé l'Eclair de Zeus et de vouloir déclencher la guerre qui réduira l'Olympe en cendres... mais lui, bien sûr, est à mille lieues de s'imaginer qu'existe encore le monde des Dieux et que celui-ci n'est pas si loin, qu'il existe un centre de formation (comme un camp de vacances...) pour demi-Dieux et que la porte des enfers est derrière le H d'Hollywood ...
Au cours d'une visite au musée, il est violemment attaqué par une harpie (déguisée en professeur d'Anglais jusque-là) et sauvé in extremis par son professeur d'Histoire, qui s'avère être en fait Chiron, le mythique centaure instructeur et sage qui forme les héros (dont Achille et Esculape). Secondé par son meilleur copain, qui s'avère être un satyre protecteur stagiaire, le jeune Percy Jackson rejoint un camp d'entraînement pour demi-dieux où il va faitre l'apprentissage de ses pouvoirs et découvrir sa mission : ramener la paix dans le monde des Dieux. Bien sûr, Percy c'est Persée (Περσεύς), l'un des plus grand héros de la Grèce antique, qui triomphe de Méduse et et s'impose comme une figueure de bravoure, de noblesse et de rigueur morale, personnage très porteur pour une transposition épique à l'ère moderne. Si, chez Homère, Persée est le fils de Zeus et de Danaé, ici c'est celui de Posséidon (d'où l'eau de l'affiche...) et d'une femme ordinaire, mais fort courageuse et qui a sacrifié sa vie pour protéger son fils. Pour le reste, on a un peu l'impression d'un grand brouillon de mythologie jeté en vrac et dont on sort ici ou là ce qui pourra faire « effet », sans trop se soucier de la cohérence du propos. Mais, « ça passe » à l'écran, service minimum donc...
Librement adapté par Chris Colombus (qui a notamment réalisé les deux premiers films issus de l'œuvre de J.K. Rowling,
Harry Potter à l'école des sorciers et
Harry Potter et la chambre des secrets) du roman à succès de Rick Riordan (1), ce Percy Jackson est un assez bon film qui captivera le jeune public, par ses effets spéciaux (les bestioles y sont légion, la maison d'Hadès suspendue en plein Enfer bouillonnant et volcanique, etc.) et par son rythme, mais un spectateur attentif verra bien les défauts techniques : le pauvre Pierce Brosnan-Chiron est bien maladroit et comme gêné de ses bras même si sa transformation en centaure est assez bien réussie ; la barque des enfers est assez maladroitement superposée du fond bleu ; les inepties des aventures qui s'enchaînent assez arbitrairement... On est quand même assez loin des grandes réussites techniques que sont
Narnia ou
La Croisée des mondes... et très loin de pouvoir simplement
vouloir y croire, tant l'ensemble est baclé et maladroit.
Le risque aussi est de gêner par ces grandes transformations les lecteurs de la série. Celui qui n'avait pas hésiter à choisir la très jolie Emma Watson pour incarner la peste et peu avenante Hermione Granger, n'hésite pas non plus à faire du gamin de 12 ans de la série un adolescent de 16-17 ans, change le monde d'entrée dans les enfers et le mode d'en sortir (il invente pour le coup l'histoire des perles qu'on écrase pour être téléporté...), il réorganise la quête de Percy et l'ordre des rencontres légendaires. Mais pire, il ne tient pas compte de la grande part d'humour très présente dans la série et malheureusement un peu absent, ou raté, de l'adaptation. D'un roman assez complet ne reste qu'un film d'action... Certes, l'action est porteuse, mais réduire n'est pas forcément affadir...
Malgré ses défauts et sa conception discutable, cette adaptation est efficace et trouve son public — les adolescents qui se laissent volontiers émerveiller —, voire même le pousse vers les rayons des libraires, ce dont on ne saurait que trop lui en être reconnaissant. Quant à savoir si Rick Riordan conduira ses lecteurs jusqu'à Homère...
Agathe & Loïc Di Stefano (1) Quatre tomes publiés dans la traduction française par Albin Michel Jeunesse : tome 1,
Le Voleur de foudre ; tome 2,
La Mer de Monstres ; tome 3,
Le Sort des Titans ; tome 4,
La Bataille du Labyrinthe.
pour aller plus loin, on consultera volontiers :
- le site officiel du film
- la fiche Wiki du personnage principal où l'on verra que le film fait ce qu'il veut des romans et prend ici ou là ce qui convient à sa propre narration sans vraiment respecter le texte...
