Un brasier de l’enfer accessible à toutes les têtes… Né à Liverpool, en 1952, Clive Barker est un drôle de pistolet : dessinateur, amateur de littérature fantastique, il commence à écrire des pièces de théâtre, tâte un peu du cinéma puis s’installe à Londres pour écrire des pièces de théâtre, les monter, les jouer... Il n’arrête pas ! En 1985, il écrit son premier roman. Barker donne dans l’imaginaire, le Gore et le pervers. Il s’essaie au jeu video puis aux figurines fantastiques. Aujourd’hui, Barker vit à Los Angeles avec un photographe.Quatre ans après son dernier roman, en voici un nouveau chez Denoël, dans la jolie collection « Lunes d’encre », honoré par un bandeau rouge. Le neuvième cercle Le glauque est à la mode. Jakabok Botch est un démon, doté curieusement de deux queues. Il vit dans le neuvième cercle de l’enfer, une espèce de terrain vague ou règne le père de Jakabok, gros dégueulasse imbécile qui passe son temps à faire souffrir, sans élégance. Il martyrise sa femme et son fils, lequel décharge sa haine en écrivant. Quand le père, Gatmuss, découvre les écrits de son rejeton, il lui brûle le visage dans l’incendie de son œuvre. La gueule déformée, Jakabok s’enfuit, poursuivi par son père. Père et fils sont capturés dans deux filets, par des gens d’ « en haut ». Ils traversent rapidement les différents cercles et Jakabok scie la corde du filet de son père qui éructe comment il va exécuter son fils dès qu’il sera libéré ! Gatmuss retombe dans une chute mortelle. Démon, un boulot ennuyeux ? Nous voici à la surface. On ne voit pas bien la différence. Les gens sont des sadiques affolés et médiocres. Jakabok, ni trop, ni trop peu démoniaque, échappe à ses ravisseurs et on enfile les meurtres et les supplices, tous plus originaux les uns que les autres. Jakabok s’acoquine avec un autre démon, Quitoon. Les deux compères écument le monde pendant cent ans, tentant ici, tuant là, prophanant ailleurs. Puis un jour, Quitoon tente de tuer Jakabok qu’il trouve trop minable. Fin d'une belle amitié... La machine de Gutenberg Notre petit démon poursuit sa route, entre deux bains de bébés morts, pour aller à Mayence à l’atelier de Gutenberg. L’invention qu’il prépare en grand secret attire l’attention du ciel et de l’enfer. Autour de l’atelier va se jouer un combat où anges et démons vont s’affronter. Il y a une petite chute astucieuse. Un livre rythmé Le livre de Barker est de ceux qui retiennent l’attention. Il est certes rythmé mais trop évasif. On regrette le manque de baroque, de densité des personnages et des évènements. Il est manichéen mais bancal dans sa tentative de définir le monde, la bonté y reste incomprise… On suit un démon... D’ailleurs Jakabok nous fait le coup de la tentation au désert. Il ne cesse d’essayer de pervertir son lecteur, érigeant son monologue en tentative de dialogue. Sa perversité reste un peu mièvre, mais là encore, Jakabok n’est pas un gradé. Au bout du compte, l’auteur s’est fait plaisir, cela se voit mais se reçoit moins, même si on peut le remercier de nous avoir épargné un ésotérisme de bazar. Didier Paineau
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