Belle profession que celle de critique qui consiste trop souvent à trouver le pire dans le meilleur et le meilleur dans le pire, faute d'un goût personnel ou désintéressé (Hélène Grimaud, Variations sauvages)
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LA VIE M'A DIT...
LA VIE M'A DIT...


Albin Michel, novembre 2009, 169 pages
12,50 €

Un petit volume de nature proverbiale qui s’organise par thématiques (« Je connais quelqu’un », « J’ai entendu », « Je me souviens », « Le désir », « La jalousie » etc.) regroupées  en quatre volets où l’affectivité a la part belle : « Les sentiments importants », « Les sentiments importuns », « Les sentiments qui vont avec le temps » et « Face aux autres ».

Avec La vie m’a dit…, Christine Orban nous livre un véritable florilège de pensées et de souvenirs hérités d’une enfance à la saveur de pistache marocaine (« Je me souviens des petites sculptures en pierre sur la route de l’Ourika »), mais aussi, une foultitude de petites piques bien placées envers les êtres, nombreux, qui célèbrent si mal la chance d’être en vie.

« Je connais quelqu’un qui se donne rétrospectivement la permission d’être heureux. »
« Je connais quelqu’un qui ne fait rien par peur de faire mal. »
« Je connais quelqu’un qui se méfie tellement des autres qu’il n’a pas d’amis. »

Et même si certaines assertions semblent discutables…

« On ne se fâche qu’avec les gens qu’on aurait pu aimer. »
« Celui qui ne dit jamais du mal de personne est une personne bien plus redoutable que celui qui de temps en temps confie ses blessures. »

… même si l’humeur est globalement bien chagrine, l’être humain étant scruté dans toutes ses bassesses :

« Quel est ce monde où la bienveillance apparaît comme une niaiserie ? »

… même si certaines maximes intriguent quelque peu par leur vacuité :

« Je me souviens que j’aimais "faire le cochon pendu". »

… l’ouvrage a cela d’attrayant que les mots y palpitent, comme autant de petits poissons argentés hors de l’eau.

Alors, pourquoi ne pas le découvrir ? D’autant que… « La maturité c’est dire les choses simplement, comme un enfant. » !


Hélène Combis-Schlumberger

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