Le critique qui n'a rien produit est un lâche. (Théophile Gautier)
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l'expérimentation biologique, pour le bien ou le mal ?


LA THEORIE GAIA
LA THEORIE GAIA


Pocket, mai 2010, (Albin Michel, mars 2008)
7,80 €

Avec  La  Théorie Gaïa, dernier volet de sa trilogie de l'Homme (après Les Arcanes du Chaos et Prédateurs), Maxime Chattam poursuit son exploration des murs dans lesquels l'homme n'a de cesse de se jeter violemment. L'histoire se déroule dans des lieux pour le moins atypiques, ne manque ni de rebondissements, ni de détails à la fois scientifiques, médicaux... et violents. Hormis la mise en place quelque peu lente, bien que nécessaire, le reste du roman se dévore.

Trois scientifiques, Emma (paléoanthropologue), son mari Peter (biologiste) et son frère cadet Benjamin (sociologue) sont contactés par une organisation mystérieuse afin d'apporter leurs connaissances respectives lors du contrôle d'installations servant à des recherches secrètes.

Emma est envoyée aux îles Marquises (Polynésie Française), tandis que Peter et Benjamin sont envoyés au pic du Midi dans les Pyrénées. Des intempéries vont empêcher le couple de garder contact, et les découvertes de chacun vont les mener au summum de l'horreur. Tandis que les deux hommes vont se livrer à une véritable enquête d'espionnage (services secrets de l'Europe contre société secrète et laboratoire étrange et malsain), Emma va quant à elle lutter pour sa survie dans un environnement plus qu'hostile à l'autre bout de la terre, dans lequel elle découvrira les instincts les plus primaires et les monstruosités crées par l'homme. Mais les deux bout de la chaîne porte le même sceau : l'expérimentation biologique. Mais pour le bien ou le mal ?

Deux idées vont s'affronter : celle de la recherche pour comprendre et combattre, et celle de la manipulation pour détruire et s'armer d'une force nouvelle. Cette force, c'est celle-là même qui peu à peu détruit la planète, prise de convulsions comme si elle cherchait par cataclysmes et ouragans et autres petits plaisirs météorologiques de se débarrasser de son pire virus : l'homme. Le dilemme tragiquement humain : survivre ou dominer, comprendre et se plier ou affronter. Le tout sur fond de théorie rappelant que les espèces vivantes ont toutes évoluées sur la base du plus fort survivant, et que l'homme, fragile entre tous, n'a survécu et dominé les autres que par la rage de son instinct de tueur. De la à regretter que l'évolution face des tueurs en série et autres psychopathes le modèle de l'homme de demain, libre à vous !

Chattam nous manipule, joue avec nos nerfs, nous entraîne dans sa spirale infernale avec une dextérité diabolique. Les rebondissements nous déroutent, les paragraphes courts nous laissent sur notre faim, nous obligeant à toujours poursuivre la lecture. L'originalité des décors est en complète contradiction avec la noirceur de l'intrigue, l'image idyllique de la Polynésie prend une claque quand il s'agit de se battre pour vivre, et la beauté des montagnes pyrénéennes s'estompe devant des complots gouvernementaux visant à cacher des manipulations génétiques pour le moins sordides.

On lit, on dévore, on en redemande... Du grand Chattam.


Minarii Delane

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